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Sa naissance et jeunesse
Antoine Charles GRAD est né le 8 décembre 1842 à Turckheim de Philippe-Antoine GRAD et Marie-Agnès Charlotte KARM.
Après avoir fréquenté l'Ecole primaire à Turckheim, il entra en 1855 (à 13 ans) au collège libre de Colmar. il fut un excellent élève, montrant de remarquables dispositions
pour les sciences naturelles et les mathématiques. Auditeur bénévole à l'Ecole des Mines. (au cours d'un rapide séjour à Paris)
Rapport avec la maison Herzog
En sortant du collège en 1860 ou 1861, il entra immédiatement dans les Etablissements Herzog au Logelbach, où il fut occupé dans les bureaux. Secrétaire particulier
de Mr Herzog, il était chargé de dresser des statistiques industrielles, soit sur les travaux de la Maison, soit sur des questions plus générales.
A la fin de sa vie, il fut membre du conseil d'administration des Etablissements Herzog au Logelbach. Il est certain que c'est Mr Herzog qui l'a poussé à occuper des fonctions officielles et à entrer dans la politique militante.
Charles Grad était très attaché à la maison Herzog et a toujours cherché à lui rendre service; cette famille, de son côté, le tenait en haute estime et affection.
1870-1872 - Période de transition et d'hésitation -
La guerre de 1870 et l'annexion vinrent jeter un trouble profond dans cette existence, qui s'était écoulée jusqu'alors dans le calme et l'étude. Après l'annexion, il voulut quitter le pays, opta à Belfort en 1872 et choisit cette ville comme résidence, sans toutefois y habiter.
Son intention était à ce moment d'accepter les offres qu'on lui faisait en France pour entrer dans l'instruction publique comme Professeur à la Faculté des Sciences de Nancy.
Mais cette première détermination fut bien vite ébranlée; l'amour du sol natal prit le dessus: il revint dans le pays pour
permettre à M. Herzog, menacé d'expulsion, de rester en Alsace à la tête de ses Etablissements. Pendant ce temps, les délais s'écoulèrent et son option fût annulée, comme celle
de beaucoup d'autres, parce que le transfert de son domicile en France n'avait pas été réel.
1873-1876 - Période industrielle -
Il continua encore, dans cette nouvelle phase de sa vie, ses recherches et publications géographiques générales et surtout celles sur les Vosges; mais un autre facteur
entra alors en jeu. Ce sont les questions industrielles et commerciales. Rentré dans la maison Herzog, il n'est plus considéré comme simple employé, mais devint le conseiller, l'homme de confiance du chef de ces importants établissements, avec mission d'étudier l'état de l'industrie alsacienne, les moyens à employer
pour la tirer de la crise qui sévissait naturellement sur elle après un changement aussi radical que la nationalité; à chercher où l'on pourrait créer des relations et des nouveaux débouchés pour les produits
de notre industrie qui jusqu'alors s'écoulaient surtout en France.
Grad s'occupa sérieusement de ces questions, il étudia la situation faite à l'Alsace et à ses industries diverses, compulsa les ouvrages à ce sujet, et publia lui-même une série d'articles qui
devaient ouvrir la voie pour les mesures intérieures à prendre. Ce sont d'abord des ouvrages retraçant l'état de la province
annexée, envisagée sous les points de vue les plus divers.
1876-1880 - Période administrative -
ici commence la dernière période de la vie de Ch. GRAD: celle où il a rempli des fonctions publiques, et qui certes a été pour lui la plus ardue,
semée d'épines et de déceptions C'est en 1876, qu'il fût poussé par M. Herzog à briguer le titre de Conseiller général pour le canton de Winzenheim: il fut
nommé et son mandat fut renouvelé à chaque nouvelle élection. Le Conseil Général, en vertu des droits qui lui sont conférés, le désigna pour le représenter au
Landesausschuss en 1878. Puis la circonscription de Colmar l'a élu six fois pour être son député au Reichstag. Il a donc occupé
ces trois postes sans interruption jusqu'à sa mort, et la confiance de ses concitoyens à son égard ne s'est jamais démentie.
Derniers temps de la vie de Ch. GRAD
En 1887, lors des élections faites sur le principe du Septennat, il est nommé député par plus de 11 000 voix
au lieu des 8000 qu'il obtenait d'habitude. En 1890, il est obligé de nouveau d'affronter le scrutin et est renommé pour la 6° fois
par la circonscription de Colmar. En même temps, il restait membre de la délégation provinciale et du Conseil Général.
En juin 1890 à Berlin, il prononça au Reichstag son dernier discours. Mais épuisé et terrassé par la maladie, il dût en hâte reprendre
le train qui le ramena mourant au Logelbach, dans la nuit du 21 au 22 juin. Sa ferme intention était de se rendre le lendemain
à Turckheim pour se faire soigner dans sa famille et mourir dans la maison paternelle. Mais le mal avait fait des progrès
tellement rapides que les médecins durent s'opposer à ce désir, redoutant les dangers d'un nouveau voyage.
Il s'éteignit doucement et sans agonie dans les bras de sa soeur Adèle, le 3 juillet, à une heure du matin, à l'âge de 47 ans et 7 mois.
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